Hier, Google a annoncé l’arrêt de la censure de la version chinoise de son moteur Google.cn. Les utilisateurs sont désormais redirigés vers ses serveurs de Hong Kong, version non censurée du moteur sur le territoire chinois. Reste à savoir si le gouvernement chinois va bloquer ou non le moteur et si Google sera autorisé à maintenir ses activités commerciales sur le territoire.

- Google Chine - Crédit Photo AFP/Goh Chai Hin

Google dit « non » Ã la censure chinoise
Le 12 janvier dernier, Google avait annoncé qu’il souhaitez cesser de censurer Google.cn. Cette décision aurait été prise suite à des attaques lancées depuis la Chine contre les comptes Gmail de plusieurs dizaines de militants des droits de l’homme.
Une vingtaine d’entreprises du secteur des médias et de la technologie notamment, auraient également été touchées par ces attaques de hackers et victimes de vol de propriété intellectuelle.
David Drummond, senior vice-président de Google, avait posté le 12 janvier sur le blog officiel de Google l’explication suivante : « Nous avons pris la décision inhabituelle de partager l’information sur ces attaques avec un large public, non seulement en raison des conséquences en termes de droits de l’homme et de sécurité, mais aussi car cette affaire se situe au cÅ“ur d’un débat plus large sur le thème de la liberté d’expression« .
L’affaire Google a créé de nouvelles tensions entre les Etats-Unis. Hillary Clinton a annoncé le 21 janvier faire de la liberté d’expression sur Internet une priorité de la politique étrangère américaine. Les autorités chinoises ont accusé les Etats-Unis d’ingérence. Google a fait l’objet ces derniers jours d’accusations, par les médias officiels, d’instrumentalisation politique par Washington.
« Les autorités chinoises ont fait le choix de la censure plutôt que de l’ouverture. Aujourd’hui, nous ne pouvons que déplorer le fait que le plus grand moteur de recherche au monde soit contraint de fermer sa version chinoise, sous la pression des censeurs. Nous tenons à saluer Google, qui, en prenant cette position courageuse, crée un véritable débat sur la question de la censure au sein du pays, et fait le pari à moyen ou long terme d’un Internet libre et accessible à tous. Au delà du cas chinois, c’est l’intégrité du World Wide Web qui est en jeu. L’apparition d’intranets nationaux contrôlés par des États répressifs ces dernières années rend de fait de nombreux internautes victimes d’une situation de ségrégation numérique« , a déclaré Reporters sans frontières.
Devant la censure par le gouvernement chinois de la version chinoise de son moteur Google.cn, qui a donc fait couler beaucoup d’encre depuis quelques mois, Google a décidé de ne pas plier et a en conséquence redirigé cette version sur ses serveurs basés à Hong Kong (Google.com.hk), où les résultats ne sont pas censurés et proposés en caractères chinois simplifiés.
Reporters Sans Frontières ajoute : « Il reste à voir si les autorités chinoises vont prendre des mesures et bloquer le moteur de recherche, et si Google sera autorisé à maintenir ses activités commerciales ainsi que de recherche et développement. Dans tous les cas, la fermeture de Google.cn envoie un mauvais signal aux investisseurs« .
Rappelons que d’après le dernier rapport de Reporters Sans Frontières, la Chine fait partie des « ennemis d’Internet« . Le retrait de Google intervient donc dans un contexte de renforcement de la censure, alors que le pays dispose du système de censure et de surveillance le plus abouti du monde.
RSF lance cet appel comme suite au retrait de Google de la Chine : « Nous appelons maintenant les autres entreprises du Net installées en Chine à suivre la même voie et à refuser de censurer leurs activités. Si un front commun s’installe sur cette question, le gouvernement chinois n’autre d’autre choix que d’ouvrir l’accès à une Internet plus libre« .
Source : Reporters Sans Frontières
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